FAQ

100 questions sur le compostage : ne restez plus sans réponses!

Dans ces FAQ, Coralie répond aux questions les plus fréquentes qui lui sont posées . . .

Consultez aussi cette vidéo Youtube : « le compostage facile »

Quels sont les biodéchets à mettre dans un composteur?

> Epluchures de légumes

> Fruits et légumes (frais ou abimés) coupés en morceaux  de 10 cm

> Marc de café sans le filtre si il est synthétique

> Marc de thé

> Sachets de thé, déchirés sans agrafe métallique et sans étiquette souvent plastifiée

> Coquilles d’œuf finement émiettées (écrasée avec un bocal par exemple)

> Fleurs et feuillages (fanés ou non) coupés en tronçons de 10 cm. Attention démottez les racines des plantes en pots et coupez-les avant de les intégrer dans le bac

> Le papier et le carton sans encre déchiré en morceaux à mélanger avec les déchets verts dans le bio seau

Quels sont les déchets à ne pas mettre dans le composteur?

Le pain et les féculents

> Les os, la viande, les arrêtes de poisson, les coquillages

> Le fromage et les produits laitiers

> Les cheveux, poils et plumes

> Les cendres et le charbon de bois

> Les poussières d’aspirateur, balayures de la maison

> Les litières d’animaux domestiques

> Les  liens élastiques, plastiques, et les stickers de fruits

> Les médicaments, pansements

> Tous les matériaux non biodégradables : verre, métaux, plastiques, cailloux….

Pourquoi faut-il couper les fruits et les légumes en morceaux de moins de 10 cm ?

Le bon geste consiste à couper systématiquement les trognons de salades ou de choux, les tiges de bouquets fanés, les agrumes et les fruits entiers en morceaux. La surface de contact des matières organiques est ainsi plus grande. Les micro-organismes peuvent alors plus facilement les  attaquer et les digérer. De plus,  ces matières humides se mélangent mieux à la matière sèche lors du brassage, ce qui active une transformation bien oxygénée et inodore. Couper en morceaux tous les ingrédients du compost permet aussi de remplir beaucoup moins vite le bio seau…

Pourquoi les biodéchets à mettre dans le compost semblent différents selon les documents pédagogiques, les sites web, et les territoires?

Dans l’absolu, toutes les matières organiques se compostent et se recyclent. En compostage collectif (en pied d’immeubles ou de quartier) certains biodéchets sont proscrits du composteurs  « par prévention » de disfonctionnement. Par expérience, nous avons observé par exemple qu’il est difficile de gérer le fait de dire « oui, il est possible de composter du pain, mais en petite quantité ». En effet, cette petite quantité  est difficile à mesurer et impossible à gérer, lorsque 50 personnes amènent simultanément leurs biodechets dans le même bac. Les petites quantités deviennent grandes provoquant des disfonctionnements.

Notre FAQ explique en détail pourquoi et comment, il faut mettre certains biodéchets et pas d’autres.

Peut-on mettre des agrumes dans le composteur?

Les agrumes comme tous les autres fruits sont biodégradables et compostables. Ils mettent un peu plus de temps à se décomposer que d’autres matières organiques et demandent certaines précautions. En effet, il faut veiller à recouper en morceaux les agrumes : les demi-oranges pressées, les demi-pamplemousses sont au moins coupés en 4.

Peut-on mettre du pain dans le composteur ?

Non! Même si tous les déchets organiques sont compostables, il ne faut pas mettre de pain au composteur collectif et son gaspillage. Des moisissures vertes et noires se développent sur le pain et freine l’activité des bactéries du compost. Le pain est très dur et sec et se compost très mal.

Peut-on mettre les restes de viande et de poisson dans le composteur collectif?

Non! Ce type de restes attire les mouches qui  développent des asticots dans le compost. La décomposition de la viande et du poisson dégage souvent de très mauvaises odeurs.

Peut-on composter des plantes atteintes de maladies?

La première phase du compostage détruit la plupart des germes et des graines grâce à la montée en température du compost qui peut dépasser les 50°C : on parle de pasteurisation des biodéchets. Le compost permet ainsi de détruire la plupart des maladies : celles-ci se développent sur les végétaux qui leur servent de support. Le compostage en détruisant ces supports, détruit aussi la maladie…

Peut-¬on composter des fruits traités par des pesticides ?

Le meilleur moyen d’éviter de mettre des fruits et légumes traités dans le compost est de ne pas en manger. Il faut savoir que le fruit le plus traité est la pomme avec 36 traitements par an. Rappelons que ces fruits traités, avant de les composter,  vous les avez mangés.

Les produits de traitement pourraient perturber la vie et le travail de la faune du compostage, s’ils étaient présents en grande quantité. A faible dose, ces produits finissent par se dégrader grâce au processus de décomposition.

C’est quoi la matière sèche ?

Ce sont tous les bio-déchets « bruns durs et secs » qui apportent beaucoup de carbone (glucose, cellulose, lignine) et qui aèrent le compost (aération passive des morceaux de broyat). Du plus grossier au plus fin, on trouve : le broyat de branche, la paille, les feuilles mortes broyées de préférence (notamment les feuilles « dures » et grandes d’arbres comme le platane ou le catalpa), les copeaux de bois. La réserve de matière sèche permet de stocker toutes ces bio-ressources indispensables qu’il faut mélanger aux biodéchets frais « verts mous et humides », riches en azote. Le papier et le carton font aussi partie de la famille des ingrédients secs du compost mais que l’on incorpore uniquement dans le bioseau.

Quelle quantité de matière sèche doit-on mettre dans le compost?

Concrètement, l’apport d’un bioseau plein d’épluchures dans le bac de remplissage, équivaut à l’apport d’un tiers de seau de broyat prélevé dans le bac de matière sèche. La quantité de matière sèche à apporter varie cependant selon la météo, l’exposition de vos composteurs et l’état d’humidité du compost… Rien ne vaut l’appréciation personnelle de la personne qui dépose ses épluchures. Par exemple, si quelqu’un a oublié d’apporter de la matière sèche, le suivant en apportera un peu plus pour compenser. Au contraire,  si quelqu’un a mis trop de matière sèche, il suffira juste de saupoudrer une petite quantité par-dessus les déchets fraichement déposés : c’est une question de bon sens… Il faut surtout penser à brasser à chaque apport : c’est souvent en mélangeant que l’on peut vraiment savoir si la proportion des ingrédients secs/ humides est bonne. Votre œil va s’exercer avec la pratique, c’est pour cela aussi que vous serez accompagné.

Quels types de papiers peut-on mettre dans le bioseau ?

Le papier est très important dans le bio seau car il permet d’absorber les jus des matières humides et de stocker plus longtemps sans odeurs le contenu du bio seau dans la cuisine. L’idéal est de prévoir une petite  corbeille à papiers-compostables, une sorte de petit bac à matière sèche dans la cuisine. Les papiers sont tous constitués de fibre de cellulose biodégradable. Par contre certains papiers sont à proscrire dans le compost : le papier blanchi avec des produits chimiques, le papier journal et le papier glacé. Il est possible de mettre sans problèmes : les papiers craft alimentaires, les essuie-tout et leur rouleau de carton, les boites d’œuf sans l’étiquette. Tous ces papiers ou cartons sont nombreux dans notre consommation quotidienne et couvrent les besoins en matière sèche du bio seau. Il suffit donc d’incorporer du papier sans encre déchiré dans le bio seau en petite quantité, au fur et à mesure de son remplissage. Pour limiter le nettoyage constant de votre bioseau, il est astucieux de déposer du papier dans le fond de celui-ci : il absorbe les jus d’écoulement des biodéchets.

Quels sont les gestes indispensables pendant un cycle de compostage ?

15/Quels sont  les gestes indispensables pendant un cycle de compostage ?

  • Mettre le composteur de préférence sur un sol en terre végétale pour que les micro-organismes ensemencent naturellement le bac à compost
  • Installer le bac à mi-ombre de préférence à l’abri du vent pour que les micro-organismes puissent travailler dans des conditions optimales
  • Equilibrer les apports dans le composteur avec la proportion de principe : 2/3 de déchets verts pour 1/3 de déchets bruns
  • Brasser à chaque apport votre mélange à l’aide d’une griffe et saupoudrez les matières humides apparentes de matières sèches
  • brasser une fois par semaine (rôle des référents de site de compostage) en surface sur une hauteur de fourche pour éviter la formation de « galettes compactes de fermentation »
  • Retourner et transvaser l’ensemble du bac de remplissage quand il est plein dans le bac de maturation et laisser murir
  • Récolter au bout de 8-10 mois environ

Quelle doit être la fréquence de brassage du compost ?

Brasser et mélanger le compost permet de mettre en contact les déchets humides et les déchets secs en  décompactant la matière. Plus on brasse, plus on apporte de l’oxygène qui permet aux micro-organismes de mieux respirer et donc de mieux travailler.  Il faut dissocier le brassage superficiel régulier et le brassage plus profond quasi hebdomadaire.

Le brassage systématique des apports (secs et humides) qui viennent d’être déposés dans le bac,  permet de bien les mélanger. A chaque apport de bioseau, les matières humides sont donc mélangées avec de la matière sèche. Si quelques matières humides sont en surface, il faut les recouvrir, « les cacher », en saupoudrant une fine pellicule de matière sèche, sans quoi les mouches prolifèrent sur les épluchures…

Une fois par semaine un brassage à la fourche sur une trentaine de centimètres permet de contrôler, de réguler et d’activer le compostage dans le bac de remplissage. Le brassage supprime les poches de matières humides éventuelles et stoppe le dégagement d’odeurs. Il décompacte les galettes trop dures qui risqueraient de fermenter.

Le brassage complet du tas est réalisé une seule fois au moment du transvasement dans le bac de maturation.

Comment savoir si le compost est trop humide ?

  • La bonne humidité du compost se contrôle en prenant une poignée de compost dans la main et la pressant :
  • le compost reste compacté et colore un peu la main : l’humidité est bonne
  • l’eau goutte comme une éponge à travers les doigts : il est trop humide.
  • il ne se compacte pas, a un aspect poussiéreux et ne coule pas du tout : il est trop sec.

Mon compost ne semble pas démarrer, pourquoi?

Le tas stocké dans le bac de remplissage est trop sec. Il y a un excédent de matière sèche.  Il faut arroser « en pluie »  le compost avec une  pomme d’arrosage pour que l’eau puisse s’infiltrer dans le tas trop sec. Un apport important de matières vertes et humides peut redonner du volume et réactiver le développement des bactéries, à condition de bien  brasser l’ensemble du  tas trop sec…

Quoi qu’il en soit, le compost ne « démarre » pas du jour au lendemain. Lors de la mise en route d’un site de compostage, plusieurs phases se mettent en place avant de pouvoir observer la décomposition des déchets organiques. En effet, dans un premier temps, le bac va se faire coloniser par des bactéries « aérobie » (bactérie qui ont besoin d’oxygène pour respirer, d’où l’intérêt d’avoir un compost aéré). Lors de cette phase, le compost chauffe (montée en température qui favorise la première étape de dégradation de la matière). Ce n’est qu’après quelques mois que les décomposeurs visibles à l’oeil nu (vers de fumier, larves, etc…) apparaissent dans le bac. « L’écosystème » à l’intérieur du composteur est désormais en place et la décomposition des déchets organiques s’accélère.

Le compost dégage des mauvaises odeurs, que faire ?

Le compost peut sentir mauvais s’il est trop humide ou s’il est peu aéré. Un brassage énergique et l’ajout de matières sèches suffisent généralement à régler le problème.  Dans tous les cas, les mauvaises odeurs sont liées à un trop faible taux d’oxygène dans le tas de compost qui va entrainer une fermentation (décomposition anaérobie, c’est à dire sans oxygène) des déchets. Veillez à vider votre bio seau régulièrement. Equilibrez bien le contenu du bio seau avec du papier pour qu’il ne fasse pas trop de jus qui dégagent toujours de très mauvaises odeurs…

Combien de temps faut-¬il pour obtenir un compost utilisable ?

Il faut distinguer deux types de compost : le compost mûr et le compost jeune. Le compost jeune ou demi­ mûr après 4 à 6 mois de compostage, est d’aspect grossier et hétérogène. Il doit être utilisé avec précaution uniquement en surface, en paillage du sol et  au pied de certaines plantes. Le compost jeune est utilisé en surface et doit être paillé pour finir sa transformation qui demande de l’oxygène. Le compost mûr, d’aspect fin et homogène est obtenu après 8 à 10 mois de compostage. Il a une couleur très noire/brun foncé, une structure grumeleuse et friable et il dégage une agréable odeur de sous-­bois. On y trouve peu d’insectes et de vers. Le compost mur peut être utilisé en surface ou mélangé au sol et convient à de nombreuses plantes.

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